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03.10.2006

Le nudiste, le pervers et le surfeur

LE JOURNAL DE L’ILE

Mercredi 19 avril 2006 n° 18004



Billet doux

Le nudiste, le pervers et le surfeur


Si l’on a bien compris, il existe un différend entre les pervers et les naturistes à la Souris Chaude, qui reproduirait ni plus ni moins que l’antique combat entre le Bien et le Mal.

Le Bien en l’occurrence serait incarné par les naturistes qui eux au moins ne cachent pas leur intention d’être nus. Nos nudistes seraient des nudistes du Jardin d’Eden, avant qu’Eve ne croque la pomme, avant que la nudité ne devienne un péché. Des « gens gentils » en somme, comme l’avoue spontanément un surfeur, ce qui vaut tous les brevets d’honorabilité.

Au contraire, les pervers pousseraient la perversion au point de rester habillés dans l’exercice de leur fonction et d’apparaître comme des citoyens lambdas quand les flics déboulent.

On comprend du coup la difficulté des gendarmes qui n’ont pas fait d’études théologiques ou de psychiatrie et ne savent pas toujours distinguer l’être et l’apparence, le bon grain et l’ivraie, le normal et le pathologique.

On comprend également l’appel au secours de SOS nudistes, sachant que leurs adhérents, en plus des gendarmes, doivent subir les foudres des surfeurs. En effet, pour les adeptes de la planche, de même que la vertu attire le vice, les parties génitales les morpions, les naturistes attirent les pervers.

Dans le souci de contribuer à l’apaisement des esprit et faire en sorte que les nudistes ne deviennent pas le bouc émissaire facile, on suggère à Pierre Heidegger cette solution qui faciliterait grandement le travail des gendarmes.

Pourquoi ne pas prendre un arrêté imposant aux nudistes de s’habiller et aux pervers de se mettre à poil ?

Ces derniers ne pourraient plus ainsi masquer l’objet du délit quand la loi arrive.

Problème : si un pervers nu est toujours pervers, un nudiste habillé est-il toujours un nudiste ?

C’est pourquoi nous proposons une solution de rechange : obliger les surfeurs à surfer à poil et les pervers à faire de la planche à voile.




Bruno Testa